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La France à Davos, une relation qui se renforce

Le 21 janvier 2016 à 08h49

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Le Centre des Congrès le 18 janvier 2016 à Davos

Le Centre des Congrès le 18 janvier 2016 à Davos,

Fabien ZAMORA


Comme il paraît loin le temps du début du quinquennat Hollande où la France assurait le service minimum à Davos; en 2016, elle est là en force et a changé d'avis sur l'opportunité de venir discuter avec les puissants dans les Alpes suisses.

Une nuit de janvier 2014, un groupe d’hommes en costumes sombres grimpe dans des berlines et prend la route dans la nuit glaciale, direction la France. "Davos, c’est pas notre truc", lance un des ces hommes de la délégation française en quittant l’hôtel où le ministre de l’Economie et des Finances d’alors, Pierre Moscovici, avait organisé une conférence de presse.

C’était l’époque où Arnaud Montebourg était au gouvernement et multipliait les coups d’éclats sur l’aile gauche, l’époque du "French bashing", quand les médias anglo-saxons servaient de caisse de résonance aux critiques vitupérantes contre une France à l’image anachronique, irréformable. 

Elle baissait dans les classements d’attractivité, sa discipline budgétaire était remise en question, bref, la sphère économique incarnée par Davos n’était pas une grande fan de la France, qui le lui rendait bien, envoyant de maigres troupes dans le canton des Grisons.

"J’étais un peu seul", se souvient Pierre Moscovici, (présent à Davos 2016 en temps que Commissaire européen), en se remémorant le départ un peu hâtif de cet hôtel sur lequel planait une tenace odeur de fondue, en provenance des cuisines.

- "Gouvernements et entreprises" -

Car les choses ont bien changé dans les rapports entre la France et Davos.

Déjà en 2015, avec François Hollande lui-même en vedette. Mais dans son discours résonnent encore les rafales contre Charlie et son plaidoyer est pour le climat et la prochaine COP21. L’économie passe au second plan.

Cette année 2016 est celle de la confirmation, avec une forte délégation française emmenée par le chef du gouvernement Manuel Valls et dans ses bagages le populaire Emmanuel Macron.

"C’est la première fois que la France est là, collectivement et en force, gouvernement et entreprises, après l’ouverture de la voie par le Président l’an dernier", explique Muriel Pénicaud, directrice générale de Business France, l’agence de promotion de l’export et des investissements étrangers.

"Avec un gouvernement social-démocrate comme celui de (Manuel) Valls, il serait absurde de tourner le dos à un tel évènement", estime une source proche du gouvernement. "Il y a eu une clarification de la ligne" politique du gouvernement par rapport aux années précédentes, "la ligne sociale-démocrate est complètement assumée" désormais, selon cette source.

"Il y a deux ans, c’était difficile de convaincre que venir à Davos n’était pas dommageable en politique intérieure", analyse une autre source proche du gouvernement, alors que François Hollande avait fait sa campagne présidentielle de 2012 en dénonçant "le monde de la finance", largement représenté à Davos.

"C’est vrai qu’il y a eu une mutation politique, et peut-être idéologique, y compris pour la gauche française, qui a compris (…) que la création de l’emploi, par définition, ne pouvait procéder que de l’entreprise. Et donc c’est vrai que la présence française à Davos s’est considérablement renforcée", analyse M. Moscovici.

"Il n’y a pas de problème entre la gauche, l’économie et l’entreprise, et Davos. Ce sont des débats anciens, dépassés", a d’ailleurs déclaré mardi M. Valls à la télé suisse RTS.

L’environnement international a lui aussi changé : le terrorisme, l’organisation Etat islamique se sont imposés en haut de l’agenda international. Et la France joue un rôle très actif, notamment militairement, ce qui explique aussi la présence française renforcée à Davos, enceinte où tous les sujets sont évoqués.

"Sur les derniers mois, clairement il y a une évolution, beaucoup moins de +french bashing+ primaire, la lutte contre les clichés sur la France commence à faire effet", se réjouit Mme Pénicaud.

A Davos, "il y a le sentiment subtil que ce gouvernement est plus pragmatique maintenant", analyse le chef-économiste du cabinet britannique IHS Nariman Behravesh, un vétéran du Forum. "Et je pense que la France enregistre des performances légèrement meilleures qu’auparavant".

Illustration de cet appétit pour la France : les places pour la discussion en petit comité entre Emmanuel Macron et certains influents journalistes internationaux sont parties comme des petits pains, en quelques minutes.

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