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Davos : l’Europe veut éviter le "drame" d’un Brexit

Le 21 janvier 2016 à 10h02 , mis à jour le 21 janvier 2016 à 12h38

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Les Premiers ministres français Manuel Valls et grec Alexis Tsipras le 21 janvier 2016 à Davos

Les Premiers ministres français Manuel Valls et grec Alexis Tsipras le 21 janvier 2016 à Davos,

Marc PREEL et Fabien ZAMORA


Plusieurs leaders européens, dont Manuel Valls, ont espéré jeudi à Davos que l'Union parviendrait à éviter le "drame" d'un Brexit, une des nombreuses menaces qui plane sur le continent, avec notamment la crise des migrants.

"Voir partir la Grande-Bretagne de l’UE serait un drame (…) nous devons tout faire pour que la Grande-Bretagne et le peuple britannnique restent dans l’UE, évidemment pas à n’importe quel prix", a déclaré le Premier ministre français devant le forum économique mondial.

Un Brexit serait "une catastrophe", a abondé le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble, présent à ses côtés avec les chefs de gouvernements grecs et néerlandais pour débattre de l’avenir de l’Europe.

Depuis Paris, François Hollande a aussi évoqué la question : "La France souhaite que la Grande Bretagne reste dans l’Union européenne, c’est l’intérêt de l’Europe et du Royaume-Uni (…) mais je serai particulièrement vigilant pour que la zone euro puisse poursuivre son approfondissement".

Le Premier ministre David Cameron, qui doit s’exprimer devant les leaders mondiaux réunis à Davos en début d’après-midi, a engagé son pays dans la voix d’un référendum d’autodétermination sur la participation à l’Union européenne. 

S’il parvient à obtenir de ses partenaires européens quelques réformes institutionnelles, ce référendum pourrait avoir lieu en 2016 et M. Cameron ferait campagne pour le maintien, alors que la pression politique monte en Grande-Bretagne.

Il y aura un sommet en février pour discuter de ces réformes voulues par Londres. S’il espère qu’il "permettra d’avancer, sera une étape tout à fait décisive", M. Valls pense toutefois qu’il "faudra plus de temps".

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte s’est dit "plutôt optimiste" pour ce sommet.

Mercredi, le patron de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a déclaré être "convaincu que (les Européens) trouveraient un bon accord avec la Grande-Bretagne en février".

"Très clairement, l’intention est d’atteindre un accord au Conseil européen de février", a déclaré jeudi à l’AFP un porte-parole du Conseil européen.

- Plan Marshall pour la Syrie -

L’Europe est clairement au centre des débats de ce deuxième jour de travail du Forum économique mondial qui réunit chaque année les principaux leaders mondiaux dans le village suisse enneigé.

Outre le Brexit, tout un éventail de menaces plane sur l’Europe, à tel point que M. Valls a parlé d’un risque de "dislocation du projet européen" à "très court terme", dans "les mois qui viennent", évoquant pêle-mêle "crise des réfugiés, terrorisme, montée des populismes" et Brexit.

Sur les réfugiés, "nous sommes tous d’accord que le flux est trop élevé et que nous devons l’inverser", a déclaré M. Schauble appelant à financer massivement les pays d’origine par un plan Marshall.

"Nous avons besoin d’un plan Marshall, pas pour l’Europe mais pour les régions qui ont été détruites", comme la Syrie, l’Irak, a déclaré le poids lourd du gouvernement allemand. "Nous devrons investir des milliards dans les pays d’origine".

Pour gérer les migrants qui sont déjà en Europe, Alexis Tsipras a estimé que "tous les pays européens devaient partager le fardeau, c’est la seule solution", alors qu’il y a des tiraillements en Europe pour déterminer où doivent aller ces réfugiés.

David Cameron doit, lui, s’exprimer sur la place de la Grande-Bretagne dans le monde alors que la pression monte au Royaume-Uni autour du referendum sur un éventuel Brexit. 

Les demandes de réformes formulées par le Royaume-Uni portent sur quatre domaines. Le point le plus controversé concerne les aides sociales aux immigrants issus de l’UE : le Premier ministre britannique voudrait imposer un moratoire de quatre ans avant tout versement.

"Il n’y aura pas de compromis sur les valeurs fondamentales comme la non-discrimination et la liberté de circulation", a prévenu mardi le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Des membres du Labour, le principal parti d’opposition britannique, ont lancé mercredi une campagne pour un vote en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne lors du vote à venir, à contre-courant de la ligne officielle du parti.

Le résultat du référendum sur cette question est "plus imprévisible que jamais" a jugé M. Tusk. 

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