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Eleveurs bretons : la grogne se réveille alors que la situation se dégrade

Le 21 janvier 2016 à 08h49 , mis à jour le 22 janvier 2016 à 13h03

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Manifestation d'agriculteurs le 22 janvier 2016 devant la préfecture de Rennes

Manifestation d'agriculteurs le 22 janvier 2016 devant la préfecture de Rennes,

Emmanuelle TRECOLLE et Anne CHAON


La grogne des éleveurs s'est de nouveau réveillée en ce début d'année, au moment où la situation économique, loin de s'améliorer, est aggravée par des épizooties, poussant le gouvernement à promettre un ajustement du plan d'aide annoncé l'été dernier.

Les manifestations d’agriculteurs entamées mercredi dans les Côtes-d’Armor ont fait boule de neige dans l’Ouest à Quimper, en Mayenne et dans la Sarthe au cours de la semaine, à Saint-Malo et Rennes où les éleveurs d’Ille-et-Vilaine sont venus crier leur détresse devant la préfecture vendredi à l’aube.

Les éleveurs qui s’étaient fortement mobilisés l’été dernier ont repris leurs actions car leur situation ne s’est pas arrangée, au contraire.

Les conditions économiques dans le secteur du porc "se dégradent tous les jours. Les trésoreries sont exsangues aujourd’hui. Lorsque vous avez un différentiel de 40 centimes du kilo entre les coûts de production et les prix de vente, c’est affreux", a expliqué à l’AFP, Thierry Coué, président de la FRSEA Bretagne, la branche régionale de la FNSEA, le principal syndicat d’agriculteurs.

La crise causée par la chute des prix payés aux producteurs de viande bovine, porcine et de lait, en dessous de leur coût de revient, sous l’effet conjugué d’une surproduction laitière, de l’embargo russe sur l’agroalimentaire européen et de la guerre des prix dans la grande distribution ne s’est en effet pas améliorée.

De plus, les mesures destinées à garantir un prix minimum issues de la concertation avec la filière, sous l’égide du ministère de l’Agriculture, ont échoué.

Et en ce début d’année 2016, d’importantes crises sanitaires comme la grippe aviaire qui frappe les élevages de canards dans le sud-ouest et la fièvre catarrhale ovine (FCO) qui touche les bovins, se sont ajoutées à l’effondrement quasi généralisé des prix agricoles.

- la colère des bonnets roses -

Cette situation a poussé le gouvernement à agir et le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, à déclarer jeudi "qu’entre les crises sanitaires qui frappent les palmipèdes, les crises de marché qui touchent les secteurs du lait et du porc, un ajustement du plan (d’aide à l’élevage, NDLR) sera bien sûr nécessaire".

"Je n’ai pas attendu les revendications des +bonnets roses+ pour prendre la mesure de la crise", a ajouté le ministre. Après le mouvement de colère des "bonnets rouges" bretons en 2013, contre l’écotaxe, les éleveurs de porcs de l’ouest ont repris l’idée et le symbole du bonnet à leur compte.

Aucun détail n’a été donné concernant cet "ajustement" du plan qui pourrait être revalorisé ou concerner de nouvelles filières comme les palmipèdes. 

Les 700 millions d’euros de ce plan, annoncé par le gouvernement en juillet et complété en septembre, consistent en 100 millions d’aides directes et 600 millions d’allégements de charges. 

Les cellules d’urgence ont reçu un total de 35.500 dossiers éligibles de la part d’élevages en grande difficulté qui souhaitaient en bénéficier, dont 15.000 ont été traités selon le ministère. 

Ces mesures sont cependant insuffisantes pour les éleveurs qui attendent plus du gouvernement. 

"Soit on admet qu’il y aura 40% de moins d’éleveurs de porc à très court terme, soit on se bouge, on va à Bruxelles et on prend des mesures qui permettent de donner de la valeur et de libérer le marché", clame Thierry Coué qui demande un "filet de sécurité" pour les éleveurs.

Ce à quoi M. Le Foll répond que "la crise du porc est européenne avec des niveaux de prix sans précédent chez tous les grands producteurs : Espagne, Allemagne, Belgique, Danemark, Pays-Bas et Pologne".

La crise laitière frappe pour sa part à l’échelle non seulement européenne mais aussi mondiale "partout dans tous les grands bassins de production mondiaux le niveau des prix est extrêmement bas", a poursuivi le ministre.

Pour les Jeunes agriculteurs la réponse serait de créer de la valeur ajoutée aux productions, a assuré leur secrétaire général, Florent Dornier : "depuis trois générations, l’agriculture s’est adaptée à la demande du consommateur de manger toujours moins cher. Pour produire à bas coût, nous avons dû intensifier nos systèmes. On est allé trop loin mais c’est aux consommateurs de comprendre que manger, ça a de l’importance". 

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