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Emploi, formation : le gouvernement veut faire "pleinement confiance aux régions"

Le 2 février 2016 à 16h12 , mis à jour le 2 février 2016 à 17h58

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Le Premier ministre Manuel Valls s'adresse aux journalistes le 2 février 2016 depuis le perron de l'Elysée

Le Premier ministre Manuel Valls s'adresse aux journalistes le 2 février 2016 depuis le perron de l'Elysée,

Dominique CHABROL


Le gouvernement veut faire "pleinement confiance aux régions" pour l'aider à mettre en œuvre sur le terrain son plan d'urgence pour l'emploi, après une première rencontre mardi avec les nouveaux patrons de région, qui attendent de leur côté des décisions concrètes pour lutter contre le chômage.

"L’Etat doit faire confiance aux régions, c’est-à-dire à la proximité, au terrain, à ceux et celles qui connaissent parfaitement le monde économique, les entreprises, les PME, les TPE, les start-up", a affirmé le Premier ministre Manuel Valls sur le perron de l’Elysée à l’issue des discussions.

Entamée le matin à Matignon, cette première réunion du chef du gouvernement et des ministres concernés avec les présidents de région - en majorité de droite - élus en décembre, s’est poursuivie par un échange avec François Hollande au cours d’un déjeuner à l’Elysée.

Le chef de l’Etat et le gouvernement comptent sur les patrons de régions pour préparer la mise en œuvre du plan d’urgence pour l’emploi annoncé le 18 décembre, qui doit notamment porter de 150.000 à 500.000 le nombre de chômeurs supplémentaires bénéficiant d’une formation en 2016.

Dans les domaines du développement économique, de la formation ou de l’apprentissage, "il y a une très grande volonté de notre part de faire confiance aux régions, qu’elles assument pleinement leurs responsabilités voire de nouvelles responsabilités", a martelé Manuel Valls.

Une volonté partagée par le président de l’Association des régions de France (ARF), Philippe Richert (LR), pour qui l’Etat comme les régions doivent travailler avec "le souci de regarder comment on peut gagner en efficacité".

Le président de la région Grand Est s’est notamment félicité d’un "engagement très net" de l’exécutif, favorable selon lui à ce que "les régions puissent être les pilotes" de la formation de ces 500.000 chômeurs.

- ’Nouvelle donne’ Etat/Régions -

Première condition à la "nouvelle donne" dans les relations entre l’Etat et les régions qu’il appelle de ses vœux, Manuel Valls a souhaité que les lois en vigueur, notamment la loi NOTRe, qui donne de nouvelles compétences aux régions en ce qui concerne la formation et l’apprentissage, soient "pleinement appliquées". Mais il s’est également dit prêt à soutenir les expérimentations des régions contre le chômage.

Parlant d’une "volonté" partagée d’"avancer ensemble", il a insisté : les régions devront "assumer pleinement leurs responsabilités voire de nouvelles responsabilités".

Dans quelques semaines, a indiqué Manuel Valls, "un document précis" devra être établi "sur la base du travail entre les régions et le gouvernement (…) pour aller encore plus loin dans ces domaines-là".

Les régions qui aident actuellement environ 20.000 PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) souhaitent notamment accroître leur aide pour passer à 40.000 entreprises. Mais si les nouvelles régions ont gagné en taille et en compétences, leur budget reste limité et la question du financement doit être discutée.

A l’issue de la rencontre à l’Elysée, Christian Estrosi (LR), président de la région Paca, a salué l’"écoute particulièrement attentive" de l’exécutif. Mais il attend, a-t-il dit, des réponses aux demandes des régions "et que nous soyons tout simplement les vrais pilotes des politiques et de la formation et de l’emploi".

Outre le Premier ministre et les présidents de région, pas moins de huit ministres ont participé aux discussions à Matignon : Marylise Lebranchu (Décentralisation), Emmanuel Macron (Economie), Myriam El Khomri (Travail), Najat Vallaud-Belkacem (Education), Alain Vidalies (Transports), Christian Eckert (Budget), André Vallini (Réforme territoriale) et George Pau-Langevin (Outremer).

Sur les 18 présidents de régions invités (13 de métropole, cinq d’outremer), seul Laurent Wauquiez (LR), président d’Auvergne-Rhône Alpes, a boycotté la réunion.

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