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Tirs contre des commerces musulmans en Corse

Le 3 février 2016 à 10h42 , mis à jour le 3 février 2016 à 18h22

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Des policiers répertorient les impacts de balles sur la façade d'une boucherie musulmane à Propriano (Corse-du-Sud), le 3 février 2016

Des policiers répertorient les impacts de balles sur la façade d'une boucherie musulmane à Propriano (Corse-du-Sud), le 3 février 2016,

Pierre LANFRANCHI


Une boucherie et une sandwicherie musulmanes ont été visés dans la nuit de mardi à mercredi par des tirs à Propriano (Corse-du-Sud), des actes condamnés et qualifiés de "racistes" par une partie de la classe politique même si "aucune piste" n'était privilégiée dans l'enquête.

Plusieurs dizaines d’impacts de balles ont été relevés par la gendarmerie sur les façades des deux commerces voisins dans la rue Charles-de-Gaulle, au centre de la station balnéaire de Propriano. C’est le gérant de la boucherie qui a donné l’alerte vers 08H30.

"Les dégâts sont minimes", a précisé à l’AFP le procureur de la République à Ajaccio, Eric Bouillard. "Des témoins ont indiqué avoir entendu, peu après 02H00, deux séries de tirs en rafales", a-t-il ajouté, évoquant des "armes automatiques tirant du 9 mm".

La boucherie avait déjà été la cible de tirs peu après son ouverture, en juin 2013.

Quelques semaines après les manifestations qui avaient suivi l’agression de pompiers à Ajaccio la nuit de Noël, et qui avaient été marquées par des débordements racistes et islamophobes, une partie de la classe politique a promptement condamné des actes "racistes".

Le maire PRG de Propriano, Paul-Marie Bartoli, a immédiatement dénoncé "le racisme le plus vil et le plus stupide". Le Premier ministre Manuel Valls a dénoncé des "actes intolérables" qui "imposent notre condamnation unanime".

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve affirmant "la détermination totale du gouvernement à faire respecter l’ordre public et l’Etat de droit sur l’ensemble du territoire de la République", a souligné qu’"aucun acte de la sorte ne (devait) rester impuni" et qu’il appartenait "à la Justice de donner le cas échéant des éléments à l’enquête en cours".

Les tirs ont été condamnés par un représentant du Conseil français du culte musulman, Abdallah Zekri, qui a "demandé aux autorités de faire la lumière sur ces événements".

Le procureur d’Ajaccio a souligné qu’"aucune piste n’(était) privilégiée", jugeant même "plutôt dangereux de donner une hypothèse privilégiée". Les enquêteurs ne disposent "d’aucune revendication et d’aucun lien avec une quelconque revendication communautaire ou avec un acte de terrorisme", a insisté M. Bouillard.

- 14 interpellations depuis Noël -

Aucune inscription n’a en effet été retrouvée sur place, selon les enquêteurs de la brigade de Sartène et de la section de recherches de la gendarmerie

M. Bouillard a en revanche évoqué "de nombreuses pistes" faisant l’objet des investigations sur ces actes. Des différends commerciaux et des affaires financières concernant les gérants des deux magasins, originaires du Maroc et âgés de 27 ans, font notamment partie de ces pistes suivies, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

Dans l’enquête distincte portant sur l’agression de pompiers et de policiers dans la nuit de Noël à Ajaccio, trois hommes ont été interpellés mercredi à Ajaccio.

Intervenant après une fausse alerte incendie pendant la nuit de Noël, et alors que des actes de vandalisme avaient déjà été commis dans la journée du 24 décembre, le camion des pompiers avait été caillassé par plusieurs dizaines d’hommes cagoulés et armés de gourdins et de clubs de golf criant, selon les témoignages des sauveteurs, "Corses de merde, vous n’êtes pas chez vous". Deux pompiers et un policier avaient été blessés.

Au total, dans cette enquête, 14 personnes ont été interpellées et cinq mises en examen, pour leur implication présumée dans les actes de vandalisme ou l’agression des pompiers, précise M. Cazeneuve dans son communiqué.

Le 25 décembre, des centaines de personnes avaient dénoncé ces violences devant la préfecture d’Ajaccio. Des manifestants s’étaient ensuite rendus aux Jardins de l’Empereur et dans d’autres quartiers à forte population maghrébine, scandant pour certains "les Arabes dehors". Des déprédations avaient été commises, sans faire de victime, notamment dans une petite salle de sport servant aussi de salle de prière pour les musulmans.

Plusieurs actes antimusulmans ont depuis été enregistrés dans l’île.

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